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Noham Bourechouche, acteur du développement du rugby en milieu scolaire et en QPV au SCUF

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Noham Bourechouche, acteur du développement du rugby en milieu scolaire et en QPV au SCUF

Animateur Sportif Territorial (AST) au SCUF, Noham Bourechouche s’investit au quotidien dans le développement du rugby auprès des jeunes, notamment dans les quartiers prioritaires de la ville (QPV). Entre interventions scolaires, accompagnement des sections rugby et actions de proximité, il contribue à faire découvrir la pratique à de nouveaux publics et à transmettre les valeurs du rugby. Il revient sur son rôle, les enjeux de ces actions et les perspectives de développement du club.

Peux-tu nous présenter ton rôle d’Animateur Sportif Territorial au sein du SCUF et nous expliquer comment tu participes au développement des actions rugby sur le territoire ?

Au sein du SCUF, en tant qu’Animateur Sportif Territorial, j’interviens dans les deux sections rugby du club, au collège Gérard Philippe dans le 17e arrondissement et au collège Iqbal Masih à Saint-Denis, ainsi que dans plusieurs écoles (maternelles, primaires et collèges) pour des initiations. Nous avons choisi des établissements situés en QPV (Porte Montmartre, Porte de Saint-Ouen ou Porte de la Chapelle) afin de participer au développement du territoire parisien et s’inscrire dans le cadre de mon projet de formation.

Quels sont les principaux enjeux pour développer la pratique du rugby dans ces établissements situés en QPV ?

Dans les QPV, l’accès au sport peut être freiné par les contraintes financières des familles ainsi qu’une présence parfois insuffisante des clubs sportifs. La pratique du rugby est encore méconnue dans certains de ces territoires, et souffre parfois d’une image réductrice associée à la violence, aux contacts physiques et aux blessures. Il est aussi souvent perçu comme un sport destiné aux garçons, une représentation qui peut constituer un autre frein à la pratique.

Les 17ᵉ et 18ᵉ arrondissements se caractérisent par une population relativement jeune, composée d’environ 50  % de filles et 50  % de garçons. Cette diversité constitue une véritable opportunité pour mettre en place des actions auprès d’un public varié et favoriser l’accès au sport pour tous.

Notre projet vise ainsi à démocratiser cette discipline, à la rendre accessible à l’ensemble des jeunes de ces territoires en mettant en avant ses valeurs de respect, de solidarité, d’inclusion, d’esprit d’équipe et de dépassement de soi.

Tu interviens aussi bien en maternelle et en primaire qu’au collège. Comment adaptes-tu tes cycles d’intervention selon les âges, les niveaux et les publics ?

Pour les interventions en maternelle et en primaire, nous privilégions des activités ludiques et des formes de pratique adaptées, comme le rugby à toucher, afin de favoriser l’apprentissage des fondamentaux du rugby et de ses règles dans un cadre sécurisant et motivant.

Au collège, nous évoluons progressivement vers le rugby plaqué avec un travail plus approfondi sur les techniques individuelles (passes, plaquage), la compréhension des règles ainsi que les aspects tactiques et stratégiques du jeu (organisation offensive et défensive, jeu déployé et jeu pénétrant).

Dans les sections sportives, nous fonctionnons par cycles adaptés aux besoins des équipes. Lorsque les joueurs découvrent le rugby ou rencontrent des difficultés, nous revenons aux fondamentaux à travers des situations ludiques favorisant l’apprentissage. Une fois ces acquis maîtrisés, nous proposons des contenus plus exigeants pour développer leurs compétences techniques, tactiques et stratégiques, tout en intégrant progressivement le plaquage.

Les échanges avec les équipes éducatives sont nombreux afin d’identifier d’éventuelles modifications et se réadapter en fonction du public, notamment lorsque nos attentes étaient trop élevées ou, au contraire, pas assez. Ces échanges sont une étape essentielle.

Le développement du rugby féminin semble être un axe fort du projet. Quels leviers permettent aujourd’hui d’attirer puis de fidéliser les jeunes filles, notamment dans les quartiers prioritaires ?

La Ligue Île-de-France de Rugby met en place des événements 100% féminins, tels que les journées « Rugby pour Elles » ou le Challenge Féminin moins de 15 ans ; destinés aux jeunes filles licenciées ou non. L’objectif est de rassembler un maximum de participantes afin de leur faire découvrir le rugby dans un cadre convivial, bienveillant et ludique.

Les jeunes filles rencontrées lors des interventions scolaires sont ainsi invitées à participer à ces journées. Elles constituent un véritable levier pour promouvoir la pratique féminine, déconstruire certains préjugés et donner l’envie de s’engager durablement dans ce sport via le club et/ou la section sportive rugby du collège Iqbal Masih. Exclusivement féminine, elle réunit près de 40 jeunes filles qui partagent la même passion et pratiquent le rugby tout au long de l’année. Cette section leur offre un cadre structuré pour progresser, s’épanouir et participer à des rencontres sportives organisées chaque mercredi après-midi.

Au-delà des cycles scolaires, vous proposez des tournois, des stages vacances, des actions pied d’immeuble etc…En quoi ces temps périscolaires/extrascolaires complètent-ils le travail mené dans les établissements ?

Ces temps périscolaires et extrascolaires sont essentiels. Ils nous donnent l’occasion de rencontrer les parents et de renforcer la relation de confiance instaurée entre nous et les jeunes. En partageant des expériences en dehors de l’école, nous développons une relation qui va au-delà des séances scolaires et qui contribue à l’épanouissement des jeunes et favorise leur adhésion au club.

Justement, comment accompagnez-vous les jeunes pour faciliter cette transition vers une pratique régulière en club ?

Au début, nous proposons des séances d’essai pour attirer mais aussi vérifier que le jeune se sent bien au sein du club et que son envie de pratiquer est réelle. Par la suite, nous organisons une rencontre avec les parents pour présenter le club, son fonctionnement ainsi que les éducateurs qui accompagneront leur enfant tout au long de la saison. Si les parents sont favorables et que le joueur souhaite poursuivre l’aventure, alors nous procédons à sa prise de licence et mettons en place un suivi pédagogique à la fois sportif et scolaire (aides aux devoirs le mercredi).

Quels sont les prochains objectifs du SCUF afin de renforcer et pérenniser les actions rugby en milieu scolaire en QPV ?

Nous allons essayer de mettre en place des actions dans deux nouveaux centres de loisirs. Nous souhaitons également intervenir dans de nouveaux établissements proches du SCUF, notamment au collège Mallarmé (hors QPV). Nous allons également essayer de recruter davantage de filles à l’école de rugby, en particulier chez les plus jeunes, car elles ne sont pas encore assez représentées. Nous comptons aussi développer l’équipe féminine senior du club.

Ce qui est sûr, c’est que nous allons maintenir nos collaborations avec les centres de loisirs, les écoles et les structures associatives partenaires, comme le Secours populaire, qui ont été des piliers du projet.

Pour terminer, à titre plus personnel, comment envisages-tu la suite de ton parcours professionnel après cette expérience d’AST au SCUF ?

Cette année m’a permis d’acquérir beaucoup de connaissances et de compétences que je n’avais pas avant, ce qui est sûr c’est que je continuerai d’enseigner car transmettre mon savoir aux plus jeunes est ce que j’ai toujours voulu. Mes ambitions se sont avérées être vraies et ce qui est sûr c’est que je resterai dans l’éducation sportive ou juste l’éducation. J’envisage de m’engager dans une formation BPJEPS Activités pour Tous ou dans une licence d’éducateur spécialisé, tout en continuant à pratiquer ma passion du rugby en tant que coach.

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